Michel Onfray et Freud : même combat?

Publié le par jetelefaisavoir.over-blog.com

>Tout d'abord, bonjour aux quelques anonymes de la Toile qui passeront là par hasard et liraient quelques lignes écrites dans l'ombre des grands médias dans un coin du monde 2.0.

 

J'ai l'honneur de vous annoncer que le premier article de ce blog commencera avec:

 

La vrai - fausse remise en cause de la psychanalyse.

 


Pourquoi "vrai-fausse remise en cause"?


Parce que les grandes critiques principales d'Onfray étaient déjà connues, et que si la plupart de ces critiques sont justes, elles ne convaincront pas grand monde! Ce sera l'ocassion de réfléchir sur les nouvelles religions que l'homme s'érige, des psychanalystes aux philosophes.

 

Sur France 2 il y a quelques jours, chez Ruquier, Michel Onfray s'est défendu d'avoir écrit un livre de 600 pages et d'un million de signes, qu'il fallait une quinzaine d'heures pour le lire, et deux à trois jours de travail pour commencer (seulement) à en parler.

C'est le même qui, dans la foulée, nous parle de "modestie" (les 15 heures de lecture doivent être "15 heures de modestie").

 

600 pages de critiques sur Freud et la Psychanalyse. Voilà qui, en toute honnêteté, me plairait bien.

 

On le savait déjà!
Toutefois, ce que je peux dire modestement à M. Onfray, en me reposant uniquement sur ma trés petite culture générale et mes simples courts de philosophie du lycée, c'est qu'à mon avis, 600 pages pour nous dire que la psychanalyse n'ést pas fiable et que Freud était un entourloupeur, ça me parait trop. Je dirais même que c'est de l'orgueil, mais ça, on n'en parlera plus bas.

 

Ainsi donc, en philo, classe de term, au début des années 2000, j'avait déjà appris que la psychanalyse n'était pas une science (pas une science exacte comme pouvaient l'être les maths ou la chimie) car la psychanalyse, ce n'est que de l'interprétation. Et l'interprétation, c'est subjectif.

Voilà, avec une phrase, on a déjà sans doute économisé 200 pages. On pourrait développer un peu plus pour mieux expliquer, mais l'essentiel est dit.

 

Ensuite, on sait depuis longtemps que Freud était plutôt du genre "faites ce que je dis pas ce que je fais". Effectivement, ce dernier avait déclaré qu'il ne fallait jamais psychanalyser un membre de sa propre famille. Pourtant il a psychanalyser sa fille. C'est un exemple parmi d'autres.

Encore 150 pages d'économisées.
Alors bien sûr, on peut encore développer, on peut expliquer pourquoi Freud a quand même fait psychanalyser sa fille, bien que ça ne justifie pas la contradiction (si c'est ce qu"on pense)...

 

En outre, dans le livre de Michel Onfray, comme on a pu l'entendre de sa bouche sur France 2, on apprend quand même pas mal d'anecdotes croustillantes.

Cependant, je dirais quand même qu'il ne nous apprend rien de fondamentalement nouveau sur Freud et la psychanalyse. D'ailleurs, Onfray n'est pas un chercheur, non, c'est philosophe qui donne des cours dans une "université populaire". Et cette année, le sujet est tombé sur Freud comme il l'a lui-même déclaré. C'est donc de la présentation, de l'enseignement de base, pas de la recherche scientifique (l'histoire est une science humaines  et donc non naturelle et non exacte, mais la recherche historique doit obéïr à une démarche scientifique pour établir les faits). Dans un cours, c'est pertinent. Dans un livre de 600 pages, beaucoup moins.

 

C'est donc le premier point de la vrai-fausse remise en cause : rien de nouveau (mais au moins ceux qui ne savaient pas on appris des trucs)!

 

Quand les hommes se font des religions

Le deuxième point?Le plus intéressant selon moi : ça ne va rien changé!

Ceux qui pensaient que la psychanalyse n'était qu'une escroquerie en seront d'autant plus convaincus, les autres, qui y donnaient crédit, seront scandalisés et certains s'empresseront même de psychanalyser gratuitement mais non objectivement notre philosophe caennais déclarant qu'il n'est qu'un "alter-ego inversé de Freud, focalisant sur cet objet haï, toutes ses grandes peurs et obsession, telles les Juifs, le sexe etc..." (je ne citerai pas Elisabeth Roudinesco, qui par ailleurs me semble être un alter-égo de Michel Onfray, puisqu'elle semble focaliser sur cet être haï les obsessions ... enfin bref!).

 

Michel Onfray, connu pour son athéisme revendicatif et partisan puisqu'il a notamment écrit un Traité d'Athéologie (qui mériterait un autre billet!), a peut-être remarqué une chose chez les hommes, mais n'en a peut-être pas pris pleinement conscience : ils ont toujours besoin d'une religion! Et quand l'homme détruit la religion,  il s'en fabrique une nouvelle, quand l'homme détruit  Dieu, il s'en fabrique un nouveau!

Pour certains, ce nouveau dieu, ou cette nouvelle religion va s'appeler "Science", ou "Psychanlyse", pour d'autres encore ce sont les "Droits de l'Homme" ,érigés comme la nouvelle religion française depuis sa Déclaration lors de la Révolution (peu après sous la Première République le culte catholique est interdit). Pour un autre, Dieu étant mort, la nouvelle religion s'apelle philosophie, celle du surhomme plus particulièrement. Pour d'autres enfin, la nouvelle religion va même s'appeler Athéisme, et elle aura droit à sa théologie (ou à sa négation) : l'athéologie!

 

Je ne veux pas ici dire que tous les scientifiques ont la science comme religion, ou que les psychanalystes considèrent Freud comme un prophète (même si parfois...).

Mais certains d'entre eux, quand ils ne sont pas forcément croyants, mettent dans la science, la psychanlyse, les droit de l'homme ou l'athéisme, une énergie fabuleuse, et une espérance quasi-religieuse. Le Salut n'est plus en le Christ, mais dans la Scence qui doit à terme remédier à tout par exemple. Les droit de l'homme quant à eux sont censés faire ce que même Dieu n'a pas réussi : approter la liberté et l'égalité partout sur le globe.
Tout ceci est souvent inconscient (on devrait envoyez tous ces gens en pyschanalyse).

 

Enfin bref. Notre ami M. Onfray  se plait à la suite de Nitzsche à proclamer que Dieu est mort car il n'existe pas,  et incite donc ceux qu'il convainc à se trouver une autre religion. Certains ont trouvé dans la psychanlyse une espérance et une promesse de salut. Michel vient encore en Messie : "je vous ai sauvé de Dieu, je veux vous sauver de Freud!"

Ha orgueil, quand tu nous tiens!
M. Onfray est trés intelligent. Beaucoup plus que moi qui suis plus limité et n'ai aucune prétention dans ce domaine. Je crains cependant que cette intelligence ne le rende orgueilleux : se battre contre un dieu qui n'exsite pas, écrire un livre de plusieurs centaines de pages pour le prouver (alors que les Grecs dans l'Antiquité ont trouvé 5 preuves de l'existence de Dieu, qu'on peut résumer autant de lignes), écrire 600 pages pour faire pareil contre Freud (c'est plus que contre Dieu!!) pour nous dire ce que d'autres ont déjà dit avant lui... peut-être en moins de pages.

 

Pour Michel Onfray, la religion n'étant qu'une secte qui a réussi (secta en latin veut dire religion en fait, dans l'antiquité les religions étaient des sectae. Le sens a changé ensuite). La psychalnalyse n'est qu'une secte pour lui, qui pourtant n'a que moyennement réussi. Pourquoi alors se battre encore plus fort que contre Dieu?...

 

Nitzsche a dit : "Dieu est mort"

Puis, Dieu a dit : Nitzsch est mort (Dieu est humour).

Alors nous laisserons le mot de la fin à la Bible : "Dieu résiste aux orgueilleux".

Publié dans Philosophie - religion

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